les coups de soleils font agréablement mal

c'était silence radio dans ma vie depuis un bout. on a beau être en 2018, la magie doit toujours reprendre son souffle de temps en temps. c'était si calme, si tranquille que ça en devenait angoissant. j'savais plus trop quoi faire avec moi même, je venais tannée et irritée d'être prise dans ce ralenti de nos vies où tout semble quand même aller trop vite. chaque jour, tout se ressemblais trop. ça devenait étouffant j'avais une seule chose à quoi m'accrocher pour me sortir de ce sentiment d'ivresse que dégage cette routine maladive. une chose, les deux semaines où l'on allait aller s'évader pour changer de nos journées trop tracées au quart de tour près. tout laisser en stand-by.

la nuit d'avant, je n'ai pas dormi une seule seconde. je n'y croyais pas. tant que je n'aurai pas senti l'odeur de la forêt tropicale oxygéner mon corps, tant que le vent chaud n'aura pas fait danser mes mèches dorées scintillantes au soleil, tant que je n'aurai pas les deux pieds nus et gênés enfouis dans le sable brûlant que la mer fraîche viendra rincer au rythme des battements d'un coeur encore innocent, tant que je ne l'aurai pas devant mes yeux, ce petit morceau de rêve qu'on nous aura vendu un peu trop cher, eh bien je n'y croirai pas. c'est ce que je me disais. mon cerveau n'arrivait pas à se créer une image réaliste de tout ces paysages, ces sentiments. ça me semblait trop beau et pas possible à imaginer pour vrai. j'avais hâte de voir si c'était vraiment réel. tout ce qui m'attendait après les six longues heures de vol à bord d'un engin qui pourrait briser mon corps en mille miettes si lui même venait à se briser en premier.

le costa rica est mieux d'être en forme parce ce qu'il n'a pas le droit de décevoir mon coeur, lui.

l'avion a finalement touché terre et déjà ce que je voyais à travers le hublot me faisait rêver. j'avais hâte de sortir de l'aéroport et tout voir pour vrai sans vitre me séparant de ce paradis.

j'avais envie d'être le vent et de valser partout à travers chaque arbre ou montagne, pour propulser les oiseaux tropicaux et m'imprégner de chaque odeur pour ne rien oublier. j'avais hâte d'enlever ces foutus pantalons et ne porter que mon maillot pour que la chaleur me colle à la peau comme il faut. je pouvais me permettre de ne pas être moi, j'avais la liberté d'être ce que je voulais, rien ni personne ici ne savait qui je suis. personne à décevoir ou impressionner. m'échapper tout simplement.

quand je suis sortie on pouvait entendre mon coeur battre jusque dans les avions qui venaient de décoller au dessus de nos tête. l'air chaud me donnait des frissons d'énervement. je voulais tout voir tout entendre. et tout m'émerveillait. j'ai vu des quartiers où ils n'ont pratiquement rien, mais où ils ne demandent rien d'autre. la pauvreté était belle car elle n'était pas synonyme de souffrance. des petites villes où les vélos sont tout ce que tu as besoin. d'autres où tes quelques vaches et moutons te suffisent entièrement. où les chiens sans toit ne sont pas de la vermine. ils sont heureux. les gens n'ont pas peur d'eux, ils les comprennent et deviennent amis. le traffic qui nous ralentissait, je l'aimais. j'avais du temps pour regarder et apprécier. je comprenais qu'on en a de la chance dans notre québec. même s'il est gris. voir leur mode de vie à partir de pas grand choses mais d'être riche du coeur montre qu'on est pas assez reconnaissant de ce qu'on a. qu'on ne vit pas dans la misère et que ta maison, autant boboche qu'elle peut l'être, t'es chanceux de l'avoir.

on a ensuite sillonné routes, champs et villages bordés par le coucher de soleil rouge qui perçait les nuages, jusque dans les montagnes. haut. j'étais même plus certaine qu'il y ait de la vie là on on s'en allait. puis finalement, une petite ville, des petits hôtels, une auberge jeunesse. un coin de vie isolé, littéralement. le vent qui berçait la montagne encore bien animée était frais. il mêlait mes cheveux et je n'ai jamais été aussi heureuse d'avoir les cheveux défaits. c'était beau, c'était calme et ne ressemblait à rien que j'aie déjà vu.

j'ai pas super bien dormi ce soir là, me demandant ce que je faisais couchée alors que j'avais un pays entier à visiter. j'avais une envie folle de vivre.

le séjour dans les montagnes était magnifiquement frais. doux et frais. mais un peu timide. je voulais voir plus, les montagnes c'est pas assez vaste.

on est partis du sommet du monde et on a roulé jusqu'au pied d'un autre sommet; un volcan qui a autrefois tué tout pleins d'âmes, mais qui reste au coeur de leur ville. un volcan toujours en colère qui pourrait craquer n'importe quand. mais pour l'instant, il avait l'air de bien se porter. volcan qui rend aussi les eaux qui l'environnent plus chaudes que mes joues rougies au soleil. ressource très convoitée par les plus vieilles âmes qui ont mal aux os après un longue vie d'aventures, on avait pas mal moins notre place ici.

on a repris notre auto de location pis on est partis vers la plage de samara. samara qui m'a impressionnée parce que je ne m'attendais pas à ce qu'elle soit aussi belle, gracieuse et à la fois dominante. j'étais contente d'avoir du sable et l'océan devant moi. je le vivais mon moment. celui que je n'arrivais pas à concevoir, celui qu'il me fallait. mes pieds dans le sable. l'eau bleue pâle qui vient mourrir puis repart avec tout ce qu'elle peut. le soleil qui brûle la peau, encore déboussolée de ce changement de température, de mon corps. et le vent. le vent qui goutte le sel, qui sent l'espoir et me rappelle que je ne rêve pas. je suis toute là, mes pensée ne sont pas ailleurs, pour une fois.

ce soir là j'ai dormi sur le lit dehors sur le balcon de notre mini-appartement. j'avais agréablement mal. le soleil m'avait tatouée. c'était une belle nuit avec le son des vagues qui s'endorment avec nous.

je ressemblais à un crabe. mes coups de soleil se faisaient par dizaines et chacun d'eux me rappelait que j'étais presqu'au paradis. on est pas restés longtemps à samara. personne ne s'attendait à tomber si vite en amour. en amour avec elle, elle me manque.

alors on a continué de brûler notre gaz, à travers les forêts denses et vertes qui grouillent de vie. d'autres chemins de terre, ou encore celui qui se faisait asphalter par 4-5 hommes sans gros équipement, tout à la main avec leur machine à béton. même sous la chaleur étouffante de midi, jamais ont-ils perdu le sourire. ils étaient heureux d'être ensemble, et comblés d'eux même.

aujourd'hui on s'en allait vers ce qui allait être notre maison pour les cinq prochaines nuits.

j'avais hâte qu'on ait notre place à nous, pour mieux apprécier tout autour.

la villa était magnifique. des chambres immenses avec des lits immenses. une piscine qui semblait ne jamais te terminer mélangée au paysage de la forêt et de la mer au loin qui enveloppait la maison. je me sentait seule au monde, dans un sens qui apaise pas qui fait mal. c'était beau de partout. on avait des singes et des oiseaux qui nous réveillaient le matin et nous faisaient presque peur l'après-midi. on en a vu d'autres dans une forêt, qui nous lançaient des branches, des moins friendly. on a trouvé au bout d'un long chemin qui donne mal aux genoux une plage qui ressemblait à un paradis perdu.

on a trouvé une chute. mon endroit préféré sur la terre, officiellement. l'eau ni froide ni chaude, mais plus agréable que l'océan, le bruit de tonne d'eau qui tambourine en frappant la surface du bassin. la chaleur. le bien-être. j'aurais passé ma vie à me laisser flotter là. sans entendre personne. prendre une pause. le temps qui s'arrête. et être bien. on dit qu'on va toujours trop vite, qu'on ne veux pas attendre, qu'on ne prend plus le temps. là-bas, à la chute, il y en a pour toujours du temps.

c'est vivre comme il faut.

puis, il a bien fallu repartir. dire au revoir aux singes, aux oiseaux, à la maison, à l'eau de la chute. souffler des becs aux paysages, à l'océan, aux meilleurs sushis du monde, aussi.

et permettre à monsieur costa rica que je le reverrais bientôt pour profiter encore et encore de sa chaleur et du bien qu'il me fait.

je m'ennuie beaucoup. qui ne s'ennuierait pas. mais je pense qu'il m'a appris beaucoup. à apprécier ce que j'ai, où je suis, une ville sécuritaire où je n'ai pas grand chose à craindre.

là-bas ils sont heureux et n'ont presque rien, ils ont compris des aspects de la vie qu'on ne comprend pas encore, nous. ils travaillent de leurs mains à partir de rien. ils ont des routes de terre ou de gravier et l'asphalte c'est un travail de dur labeur. mais jamais ils ne perdent le sourire vivent des vies sûrement plus heureuses que les nôtres. le traffic et nos nids de poules les feraient sûrement rire et ils iraient certainement les réparer eux-même en invitant les voisins.

mïa xx

j't'ai rapporté quelques photos, si tu veux mettre des images sur mes mots